Nous écouter !
« Une année italienne » et « Little trouble girls » à voir actuellement au cinéma !
Publié le 7 septembre, 2026

«Une année italienne» (« Un anno di scuola »)

A partir d’un roman écrit par Giani Stuparich, en 1929, « Un anno di scuola », qui évoquait l’intégration d’une jeune fille dans une école réservée aux garçons, Laura Samani (« Piccolo Corpo », 2021) développe une histoire plus personnelle liée à sa propre « année lycée » – celle du Bac – dans sa région de Trieste, au Nord-Est de l’Italie.

A l’automne 2007, Fredrika, une jeune suédoise qui a suivi son père muté en Italie pour mettre en place un plan social dans une entreprise locale, intègre au lycée, une classe terminale presque exclusivement masculine.

Après quelques difficultés d’intégration, elle se lie avec un trio d’amis très soudés, qui finissent par l’adopter.  Parmi eux, Antero, un gars passionné de littérature dont elle se rapproche de manière plus intime.  Les premiers baisers et l’éveil des sentiments amoureux suscitent la jalousie, la discorde …, l’amitié se fissure, la belle entente vacille …

Laura Samani replonge, avec un réalisme un peu nostalgique et à fleur de peau, dans cette époque de l’adolescence insouciante, des petits plaisirs interdits, des premiers frémissements.

Un âge tendre et libre, non dépourvu d’une certaine âpreté au niveau des comportements masculins dominateurs ou de la mise à l’écart brutal de la (trop) attirante Fredrika, qui connaît les premières affres de l’éducation sentimentale.

Laura Samani situe, avec subtilité, cette intrigue aux fausses apparences de légèreté dans un contexte social et économique difficile, avec la menace des licenciements dans l’usine du coin, les mouvements de grève à venir, la dégradation de l’école publique, etc. …

Sa mise en scène, certes assez classique, valorise à la fois les scènes de groupe et parfois de liesse collective, et les principaux protagonistes, dont Fredrika est le véritable fil conducteur de l’histoire.

Cette évocation si juste, si sincère, assez bouleversante de ce passage à l’âge adulte qui scelle la fin de l’innocence, est empreinte  d’une belle poésie liée au temps qui passe et à l’apprentissage de cette première maturité affective et humaine.

L’interprétation naturelle et inspirée des jeunes comédiens amateurs, fonde davantage encore la crédibilité  et l’émotion du récit.

« Little trouble girls »

Dans ce premier long métrage, la cinéaste slovène Urska Djukic traite de l’éveil de la sensualité chez une jeune fille et, conséquemment, de son passage à l’âge adulte.

L’histoire se passe de nos jours, quelque part en Slovénie.  Lucija, 16 ans, intègre une chorale d’adolescentes placée sous la direction d’un jeune chef de chœur exigeant.  Ses débuts sont prometteurs.  Le groupe s’installe dans un couvent pour un stage de répétition intensif. Le temps se passe entre de longues répétitions et des moments plus intimes où les filles se parlent entre elles de leurs émotions et désirs personnels. De temps à autre, elle vont épier les ouvriers d’un chantier avoisinant, ce qui les émoustille un peu. L’ingénue Lucija commence à participer à ces jeux de chuchotements, de rires et d’échanges de petits secrets.  Elle se rapproche d’Anna Maria, un peu plus âgée qu’elle, extravertie, séduisante, …

Quelques confidences, un premier baiser volé à l’orée d’un bois, la vue d’un homme nu au bord de la rivière … Lucia ressent progressivement des troubles intérieurs, des frémissements à fleur de peau, le désir qui monte en elle.

La réalisatrice s’attache au comportement de ces adolescentes qui s’éveillent à la sensualité et tendent à affirmer leur sexualité naissante, en nommant clairement les choses et en multipliant les confidences un peu osées.  Elle capte leurs troubles sensoriels et émotionnels et met en exergue, dans le chef de Lucija, la tension entre la peur du péché et l’expression du désir.

La mise en scène alterne les scènes de chant en groupe et les échanges personnalisés entre les filles avec, le plus souvent, Lucija à l’avant plan.

Urska Djukic développe une esthétique très particulière en insérant dans son récit quelques symboles rêvés et de brèves images oniriques qui donne à son film une poésie visuelle pleine de délicatesse.

Avec dans les rôles principaux de Lucija et Anna Maria, deux jeunes comédiennes non professionnelles épatantes.

                                                                                                                   André CEUTERICK

« Une année italienne » et « Little trouble girls » à voir actuellement au cinéma !
Publié le 7 septembre, 2026

«Une année italienne» (« Un anno di scuola »)

A partir d’un roman écrit par Giani Stuparich, en 1929, « Un anno di scuola », qui évoquait l’intégration d’une jeune fille dans une école réservée aux garçons, Laura Samani (« Piccolo Corpo », 2021) développe une histoire plus personnelle liée à sa propre « année lycée » – celle du Bac – dans sa région de Trieste, au Nord-Est de l’Italie.

A l’automne 2007, Fredrika, une jeune suédoise qui a suivi son père muté en Italie pour mettre en place un plan social dans une entreprise locale, intègre au lycée, une classe terminale presque exclusivement masculine.

Après quelques difficultés d’intégration, elle se lie avec un trio d’amis très soudés, qui finissent par l’adopter.  Parmi eux, Antero, un gars passionné de littérature dont elle se rapproche de manière plus intime.  Les premiers baisers et l’éveil des sentiments amoureux suscitent la jalousie, la discorde …, l’amitié se fissure, la belle entente vacille …

Laura Samani replonge, avec un réalisme un peu nostalgique et à fleur de peau, dans cette époque de l’adolescence insouciante, des petits plaisirs interdits, des premiers frémissements.

Un âge tendre et libre, non dépourvu d’une certaine âpreté au niveau des comportements masculins dominateurs ou de la mise à l’écart brutal de la (trop) attirante Fredrika, qui connaît les premières affres de l’éducation sentimentale.

Laura Samani situe, avec subtilité, cette intrigue aux fausses apparences de légèreté dans un contexte social et économique difficile, avec la menace des licenciements dans l’usine du coin, les mouvements de grève à venir, la dégradation de l’école publique, etc. …

Sa mise en scène, certes assez classique, valorise à la fois les scènes de groupe et parfois de liesse collective, et les principaux protagonistes, dont Fredrika est le véritable fil conducteur de l’histoire.

Cette évocation si juste, si sincère, assez bouleversante de ce passage à l’âge adulte qui scelle la fin de l’innocence, est empreinte  d’une belle poésie liée au temps qui passe et à l’apprentissage de cette première maturité affective et humaine.

L’interprétation naturelle et inspirée des jeunes comédiens amateurs, fonde davantage encore la crédibilité  et l’émotion du récit.

« Little trouble girls »

Dans ce premier long métrage, la cinéaste slovène Urska Djukic traite de l’éveil de la sensualité chez une jeune fille et, conséquemment, de son passage à l’âge adulte.

L’histoire se passe de nos jours, quelque part en Slovénie.  Lucija, 16 ans, intègre une chorale d’adolescentes placée sous la direction d’un jeune chef de chœur exigeant.  Ses débuts sont prometteurs.  Le groupe s’installe dans un couvent pour un stage de répétition intensif. Le temps se passe entre de longues répétitions et des moments plus intimes où les filles se parlent entre elles de leurs émotions et désirs personnels. De temps à autre, elle vont épier les ouvriers d’un chantier avoisinant, ce qui les émoustille un peu. L’ingénue Lucija commence à participer à ces jeux de chuchotements, de rires et d’échanges de petits secrets.  Elle se rapproche d’Anna Maria, un peu plus âgée qu’elle, extravertie, séduisante, …

Quelques confidences, un premier baiser volé à l’orée d’un bois, la vue d’un homme nu au bord de la rivière … Lucia ressent progressivement des troubles intérieurs, des frémissements à fleur de peau, le désir qui monte en elle.

La réalisatrice s’attache au comportement de ces adolescentes qui s’éveillent à la sensualité et tendent à affirmer leur sexualité naissante, en nommant clairement les choses et en multipliant les confidences un peu osées.  Elle capte leurs troubles sensoriels et émotionnels et met en exergue, dans le chef de Lucija, la tension entre la peur du péché et l’expression du désir.

La mise en scène alterne les scènes de chant en groupe et les échanges personnalisés entre les filles avec, le plus souvent, Lucija à l’avant plan.

Urska Djukic développe une esthétique très particulière en insérant dans son récit quelques symboles rêvés et de brèves images oniriques qui donne à son film une poésie visuelle pleine de délicatesse.

Avec dans les rôles principaux de Lucija et Anna Maria, deux jeunes comédiennes non professionnelles épatantes.

                                                                                                                   André CEUTERICK