« On l’appelait Robin des Bois »
Avec cette fable crépusculaire qui revisite la légende de Robin des Bois, Michael Sarnoski nous enlève le très cher héros de notre imaginaire, le valeureux Robin Hood, prince de voleurs, qui détroussait les riches pour aider les pauvres et rendait justice dans la forêt de Sherwood.
1247 : Robin des Bois est un homme vieillissant et fatigué. Hanté par les violences qui ont émaillé sa vie, il vit seul dans le nature celtique. Un jour, Petit Jean, son ancien compagnon de pillages et de crimes, vient lui demander son aide : alors qu’il vivait sous une fausse identité, des hommes l’ont reconnu et ont menacé sa femme et sa petite fille.
Robin accepte cette ultime vendetta qui se révèle être terriblement sanglante : dans un combat plein de feu et de rage, la femme de Petit Jean est tuée et Robin très sévèrement blessé.
Petit Jean le conduit alors sur une petite île éloignée et paisible, dans un prieuré, où Sœur Brigid le soigne avec dévouement. Et Robin revient à la vie … et découvre sa chance de rédemption
Le récit bascule alors vers une forme de purgatoire moral où le héros est confronté au souvenir de ses crimes et de ses ennemis d’antan, qui animaient encore il y a peu sa haine et son désir de vengeance.
La mise en scène de Michael Sarnoski identifie formellement ce glissement d’une première partie faite de combats sanglants et de scènes de grande violence à un deuxième acte où l’homme retrouve santé physique et conscience intérieure au sein d’une nature paisible et d’un environnement bienveillant.
Le réalisateur insiste sur la culpabilité, le poids du passé et le processus de fabrication d’une légende que tente en vain d’évacuer le vieux guerrier déchu, devenu anti-héros de son propre mythe.
La performance d’Hugh Jackman est puissante, visuellement et physiquement, qui donne l’image impressionnante d’un homme âgé, massif, crasseux, hirsute, usé par la violence et recru de désespoir, si lourdement chargé du poids de cette tragique aventure humaine.

« L’inconnue »
Arthus Harari (« Onoda », 2021 ; co-scénariste de “Anatomie d’une chute », le film multi primé de Justine Triet 2023) adapte ici une BD qu’il avait co-écrite avec son frère Lucas « Le cas de David Zimmerman ».
David est un photographe désabusé, introverti, mal dans sa peau qui se retrouve dans celle d’une autre !
A une fête, il reconnaît une inconnue Eva qu’il a photographiée quelques temps plus tôt ; il la suit, et, sans échanger un mot, ils font l’amour … En rentrant chez lui, il se rend compte qu’il est passé dans le corps de la fille …
Commence alors une quête très déstabilisante pour retrouver son enveloppe charnelle, mais surtout pour redonner corps et sens à son identité déjà égarée, grâce à son propre regard extérieur qu’il pourra poser sur lui-même.
Ici, le passage d’un corps à un autre ne consiste pas en un argument scénaristique pour traiter du changement de sexe ou de genre mais pour poser une interrogation profonde sur l’être et le paraître et sur le sens profond que nous donnons à notre existence.
Harani signe un film audacieux, intrigant, original, entre thriller fantastique et drame existentiel. Il crée un malaise grandissant et un certain inconfort en multipliant les questions existentielles sur la solitude, la dépossession, l’identité, la perte de soi.
D’un coup d’éclat fantastique, on glisse dans le conte cauchemardesque où on s’égare d’un personnage à l’autre dans un imbroglio complexe où apparaît aussi une autre femme dans le corps de David.
On finit par se lasser de se casse-tête qui perd toute crédibilité et de ce jeu double de plus en plus incompréhensible où se sont pleinement investis Niels Schneider et Léa Seydoux mais peut-être à corps perdus.
André CEUTERICK
« On l’appelait Robin des Bois »
Avec cette fable crépusculaire qui revisite la légende de Robin des Bois, Michael Sarnoski nous enlève le très cher héros de notre imaginaire, le valeureux Robin Hood, prince de voleurs, qui détroussait les riches pour aider les pauvres et rendait justice dans la forêt de Sherwood.
1247 : Robin des Bois est un homme vieillissant et fatigué. Hanté par les violences qui ont émaillé sa vie, il vit seul dans le nature celtique. Un jour, Petit Jean, son ancien compagnon de pillages et de crimes, vient lui demander son aide : alors qu’il vivait sous une fausse identité, des hommes l’ont reconnu et ont menacé sa femme et sa petite fille.
Robin accepte cette ultime vendetta qui se révèle être terriblement sanglante : dans un combat plein de feu et de rage, la femme de Petit Jean est tuée et Robin très sévèrement blessé.
Petit Jean le conduit alors sur une petite île éloignée et paisible, dans un prieuré, où Sœur Brigid le soigne avec dévouement. Et Robin revient à la vie … et découvre sa chance de rédemption
Le récit bascule alors vers une forme de purgatoire moral où le héros est confronté au souvenir de ses crimes et de ses ennemis d’antan, qui animaient encore il y a peu sa haine et son désir de vengeance.
La mise en scène de Michael Sarnoski identifie formellement ce glissement d’une première partie faite de combats sanglants et de scènes de grande violence à un deuxième acte où l’homme retrouve santé physique et conscience intérieure au sein d’une nature paisible et d’un environnement bienveillant.
Le réalisateur insiste sur la culpabilité, le poids du passé et le processus de fabrication d’une légende que tente en vain d’évacuer le vieux guerrier déchu, devenu anti-héros de son propre mythe.
La performance d’Hugh Jackman est puissante, visuellement et physiquement, qui donne l’image impressionnante d’un homme âgé, massif, crasseux, hirsute, usé par la violence et recru de désespoir, si lourdement chargé du poids de cette tragique aventure humaine.

« L’inconnue »
Arthus Harari (« Onoda », 2021 ; co-scénariste de “Anatomie d’une chute », le film multi primé de Justine Triet 2023) adapte ici une BD qu’il avait co-écrite avec son frère Lucas « Le cas de David Zimmerman ».
David est un photographe désabusé, introverti, mal dans sa peau qui se retrouve dans celle d’une autre !
A une fête, il reconnaît une inconnue Eva qu’il a photographiée quelques temps plus tôt ; il la suit, et, sans échanger un mot, ils font l’amour … En rentrant chez lui, il se rend compte qu’il est passé dans le corps de la fille …
Commence alors une quête très déstabilisante pour retrouver son enveloppe charnelle, mais surtout pour redonner corps et sens à son identité déjà égarée, grâce à son propre regard extérieur qu’il pourra poser sur lui-même.
Ici, le passage d’un corps à un autre ne consiste pas en un argument scénaristique pour traiter du changement de sexe ou de genre mais pour poser une interrogation profonde sur l’être et le paraître et sur le sens profond que nous donnons à notre existence.
Harani signe un film audacieux, intrigant, original, entre thriller fantastique et drame existentiel. Il crée un malaise grandissant et un certain inconfort en multipliant les questions existentielles sur la solitude, la dépossession, l’identité, la perte de soi.
D’un coup d’éclat fantastique, on glisse dans le conte cauchemardesque où on s’égare d’un personnage à l’autre dans un imbroglio complexe où apparaît aussi une autre femme dans le corps de David.
On finit par se lasser de se casse-tête qui perd toute crédibilité et de ce jeu double de plus en plus incompréhensible où se sont pleinement investis Niels Schneider et Léa Seydoux mais peut-être à corps perdus.
André CEUTERICK