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« La Gifle » et « Woman and child » à découvrir dans vos salles de cinéma
Publié le 6 août, 2026

«La Gifle »

(avec comme sous-titre à l’écran : « Marielle, la jeune fille qui en savait trop »)

Un film allemand  réalisé par Frédéric Hambalek

Tout commence par cette gifle  retentissante que Marielle, une préadolescente, reçoit d’une autre fille, dans la cour de récréation, le dernier jour d’école : c’est le premier très gros plan, stylisé du film.

Le film s’ouvre sur la mère de Marielle, Julia, au travail, qui pendant un temps de pause, flirte un peu avec un collègue, puis on retrouve son père, Tobias, au travail également, qui se prend la tête avec un collègue sur le choix de la couverture d’un livre …

Le soir, Julia et Tobias mentent en se racontant leur journée mais Marielle en restitue la vérité dans les moindres détails : « Je vois tout ce que vous dites et faites » : la gifle lui a soudain donné des pouvoir télépathiques.  Les parents sont stupéfaits.

A partir de cette astucieuse pirouette narrative, le réalisateur révèle les mensonges, mesquineries et lâchetés au sein de cette petite famille bourgeoise faussement exemplaire.   Face au comportement impassible et catégorique de Marielle, l’inquiétude et le malaise s’installent au sein du couple déstabilisé.

Malheureusement, par la suite, le film se traîne en faisant se succéder quelques situations conflictuelles entre les parents et en créant un rapport de tension et de méfiance à l’égard de Marielle.

L’intrigue perd ainsi toute sa saveur initiale que le réalisateur n’a pas su exploiter par des moments singuliers, touchants, forts, voire effrayants car il y avait matière à.

On peut plus  encore regretter une grande pauvreté formelle : la mise en scène est plate et statique, avec de nombreux plans fixes inexpressifs, des champs-contrechamps insipides et des images de décor froid d’un intérieur moderne dépersonnalisé.

« Woman and Child »

Les cinéastes iraniens sont très présents sur la scène internationale malgré les problèmes « nationaux » auxquels ils sont confrontés : censure, liberté d’expression, refus de tourner, interdiction de circuler, etc….

Parmi eux, Saeed Roustaee qui, comme ses collègues  Panahi et Rasoulof, a connu quelques démêlés avec l’État, notamment pour son film « Leila et ses Frères » présenté à l’étranger sans autorisation officielle et … primé au festival de Cannes en 2022.

Pas de problème, en revanche, pour son dernier film « Woman and Child » tourné avec un permis officiel iranien.

Il pratique ici l’exercice du mélodrame, avec talent certes, mais aussi verve et outrance : « Woman and Child »  est un mélodrame intensément mélodramatique où il multiplie les rebondissements narratifs et les crises émotionnelles.

Mahnaz, une infirmière quadragénaire et veuve élève seule ses deux enfants : Aliyar, un adolescent turbulent et joueur, et Neda, une fillette de 8 ans, sensible et éveillée.

Elle vit avec sa mère et sa jeune sœur Mehri.

A l’hôpital où elle travaille, elle entretient une relation avec Hamid, chauffeur d’ambulance, qui veut l’épouser.

A l’école, Aliyar accumule les bêtises et est suspendu pendant une semaine.

Confié à la garde de son grand-père paternel, un homme peu affectif et brutal, pendant la cérémonie de fiançailles de Mahnaz avec Hamid, il se jette par la fenêtre quand il apprend que sa mère veut se remarier, et meurt à l’hôpital.

Mahnaz apprend aussi que Hamid a changé d’avis et qu’il préfère épouser sa sœur Mehri. Effondrée et trahie, Mahnaz se rebiffe et veut se venger …

De cette tragédie familiale survitaminée, empêtrée dans les conventions d’une société iranienne conservatrice se dégage un saisissant portrait de femme : Mahnaz est une femme active, entreprenante, responsable, qui travaille, s’occupe de ses enfants, vit en famille, s’engage en couple.  Abattue, elle se redresse ; humiliée elle se venge et se démène admirablement dans cette société  patriarcale.

Roustaee multiplie les péripéties liées aux comportements des différents personnages, avec de mauvais coups, des mensonges, des colères violentes, des sentiments exacerbés… Tout se mélange et s’entrechoque  dans un amas bruyant et intempestif.

Cela crie et cela pleure beaucoup et c’est souvent très bavard et toujours excessif.

Saeed Roustaee fait preuve d’énergie et de détermination pour exploiter à fond tous les ressorts du genre.  Mais le mélodrame a aussi ses limites.

                                                                                                                      André CEUTERICK

« La Gifle » et « Woman and child » à découvrir dans vos salles de cinéma
Publié le 6 août, 2026

«La Gifle »

(avec comme sous-titre à l’écran : « Marielle, la jeune fille qui en savait trop »)

Un film allemand  réalisé par Frédéric Hambalek

Tout commence par cette gifle  retentissante que Marielle, une préadolescente, reçoit d’une autre fille, dans la cour de récréation, le dernier jour d’école : c’est le premier très gros plan, stylisé du film.

Le film s’ouvre sur la mère de Marielle, Julia, au travail, qui pendant un temps de pause, flirte un peu avec un collègue, puis on retrouve son père, Tobias, au travail également, qui se prend la tête avec un collègue sur le choix de la couverture d’un livre …

Le soir, Julia et Tobias mentent en se racontant leur journée mais Marielle en restitue la vérité dans les moindres détails : « Je vois tout ce que vous dites et faites » : la gifle lui a soudain donné des pouvoir télépathiques.  Les parents sont stupéfaits.

A partir de cette astucieuse pirouette narrative, le réalisateur révèle les mensonges, mesquineries et lâchetés au sein de cette petite famille bourgeoise faussement exemplaire.   Face au comportement impassible et catégorique de Marielle, l’inquiétude et le malaise s’installent au sein du couple déstabilisé.

Malheureusement, par la suite, le film se traîne en faisant se succéder quelques situations conflictuelles entre les parents et en créant un rapport de tension et de méfiance à l’égard de Marielle.

L’intrigue perd ainsi toute sa saveur initiale que le réalisateur n’a pas su exploiter par des moments singuliers, touchants, forts, voire effrayants car il y avait matière à.

On peut plus  encore regretter une grande pauvreté formelle : la mise en scène est plate et statique, avec de nombreux plans fixes inexpressifs, des champs-contrechamps insipides et des images de décor froid d’un intérieur moderne dépersonnalisé.

« Woman and Child »

Les cinéastes iraniens sont très présents sur la scène internationale malgré les problèmes « nationaux » auxquels ils sont confrontés : censure, liberté d’expression, refus de tourner, interdiction de circuler, etc….

Parmi eux, Saeed Roustaee qui, comme ses collègues  Panahi et Rasoulof, a connu quelques démêlés avec l’État, notamment pour son film « Leila et ses Frères » présenté à l’étranger sans autorisation officielle et … primé au festival de Cannes en 2022.

Pas de problème, en revanche, pour son dernier film « Woman and Child » tourné avec un permis officiel iranien.

Il pratique ici l’exercice du mélodrame, avec talent certes, mais aussi verve et outrance : « Woman and Child »  est un mélodrame intensément mélodramatique où il multiplie les rebondissements narratifs et les crises émotionnelles.

Mahnaz, une infirmière quadragénaire et veuve élève seule ses deux enfants : Aliyar, un adolescent turbulent et joueur, et Neda, une fillette de 8 ans, sensible et éveillée.

Elle vit avec sa mère et sa jeune sœur Mehri.

A l’hôpital où elle travaille, elle entretient une relation avec Hamid, chauffeur d’ambulance, qui veut l’épouser.

A l’école, Aliyar accumule les bêtises et est suspendu pendant une semaine.

Confié à la garde de son grand-père paternel, un homme peu affectif et brutal, pendant la cérémonie de fiançailles de Mahnaz avec Hamid, il se jette par la fenêtre quand il apprend que sa mère veut se remarier, et meurt à l’hôpital.

Mahnaz apprend aussi que Hamid a changé d’avis et qu’il préfère épouser sa sœur Mehri. Effondrée et trahie, Mahnaz se rebiffe et veut se venger …

De cette tragédie familiale survitaminée, empêtrée dans les conventions d’une société iranienne conservatrice se dégage un saisissant portrait de femme : Mahnaz est une femme active, entreprenante, responsable, qui travaille, s’occupe de ses enfants, vit en famille, s’engage en couple.  Abattue, elle se redresse ; humiliée elle se venge et se démène admirablement dans cette société  patriarcale.

Roustaee multiplie les péripéties liées aux comportements des différents personnages, avec de mauvais coups, des mensonges, des colères violentes, des sentiments exacerbés… Tout se mélange et s’entrechoque  dans un amas bruyant et intempestif.

Cela crie et cela pleure beaucoup et c’est souvent très bavard et toujours excessif.

Saeed Roustaee fait preuve d’énergie et de détermination pour exploiter à fond tous les ressorts du genre.  Mais le mélodrame a aussi ses limites.

                                                                                                                      André CEUTERICK