« L’Odyssée»
Voilà donc la lecture flamboyante et époustouflante de l’Odyssée d’Homère par Christopher Nolan, le plus étonnant démiurge du cinéma contemporain, à qui on doit notamment « Oppenheimer » (2023), « Dunkerque » (2017), « Interstellar » (2014), « Inception » (2010) ou encore sa fameuse trilogie des Batman.
Avec « L’Odyssée », il nous en met plein la vue, les oreilles, l’esprit et le cœur, plein à tous les niveaux, mais jamais trop, tant l’ensemble constitue un formidable spectacle de cinéma, puissant, harmonieux, fascinant, qui mêlent les prouesses techniques et les relations humaines, les morceaux de bravoure et le drame intérieur, la démesure formelle et la richesse narrative.
L’histoire commence à Ithaque, depuis près de 20 ans, Pénélope attend désespérément le retour d’Ulysse, son roi tant aimé dont elle n’a plus de nouvelles depuis si longtemps.
Au palais, il y a Télémaque, leur fils qui pro-mérite du trône mais trop jeune encore, trop inexpérimenté, trop esseulé aussi. Là-bas, les prétendants festoient allègrement en pressant la reine de choisir l’un d’entre eux pour remplacer Ulysse.
Le récit se déplace 10 ans plus tôt pour exalter les exploits guerriers d’Ulysse, le plus fort et le plus malin, lui qui conçoit la géniale astuce de l’offrande du cheval pour prendre la ville de Troie.
En marge, quelques intermèdes du fidèles Eumée, le vieux porcher aveugle, qui anticipe les événements et tente de prévenir les drames.
A Ithaque, Télémaque, las de patience et d’impuissance, décide d’aller à Sparte pour interroger Ménélos, le frère du tout puissant Agamemnon, sur la disparition de son père.
Une narration à tiroirs, complexe, qui intègre différents parcours en des temps et des lieux éloignés, que le destin fera finalement se rejoindre.
L’essentiel porte sur le voyage du retour d’Ulysse, aux multiples dangers, aux batailles sanglantes, aux errances infinies, un périple fantastique et démentiel, dont Christophe Nolan tire des scènes extraordinaires qui renvoient directement à des épisodes de la grande épopée mythologique et à ses fabuleux personnages : le gigantesque cyclope, fils de Poséidon, la maléfique sorcière Circé, les perfides sirènes enchanteresses et bien sûr, la divine nymphe Calypso.
Le casting est à l’aune de la dimension de l’œuvre, éblouissant et prestigieux. Matt Damon donne la pleine dimension physique mais aussi psychologique au personnage d’Ulysse, puissant et héroïque, la barbe grisonnante et décennale qui marque le temps, mais aussi torturé par l’orgueil et la culpabilité, qui affronte les dieux ou s’accorde avec la protectrice Athéna (Zendaya) ; Anne Hathaway qui, de la fashion week milanaise du « Diable
s’habille en Prada 2 », a fait le grand saut dans les temps antiques, pour être la sensible, gracieuse et obstinée Pénélope ; Tom Holland dans le rôle du jeune et téméraire Télémaque (qu’on retrouvera très vite dans le prochain « Spiderman ») et encore Robert Pattinson ; Chalize Théron, Lupito Nyong’o, Samantha Morton, …
Avec Ulysse, Christophe Nolan défie les dieux du cinéma.
« Moss et Freud » de James Lucas
Moss, c’est elle, Kate Moss, le top model star des années 2000 ; Freud, c’est lui, Lucian Freud, l’un des meilleurs peintres du 20ème siècle, le petit fils de Sigmund Freud.
Deux personnalités incompatibles, deux univers que tout oppose : le glamour, le clinquant, la gloire et la fortune, d’une part, la création artistique, la recherche du vrai et du beau par la peinture, d’autre part.
Pourtant, un jour, il accepte de la peindre : ces deux là se rencontrent, s’apprivoisent, se révèlent l’un à l’autre, deviennent des confidents de leur propre vie.
Hors de la frénésie de la mode, toute de fêtes, de champagne et d’envolées artificielles, la diva des défilés trouve une forme de libération d’elle-même et prête son corps nu et son âme ouverte à cet artiste exigeant, rigoureux, sans complaisance mais qui, lui aussi, peut exprimer sa part d’ombre et de mystère.
De cette histoire vraie, partiellement biographique, le réalisateur James Lucas tire un très beau film où deux personnages prennent une dimension insoupçonnée, profondément humaine, d’où se dégagent de la sincérité, du respect et une sorte de quête de la vérité, à la fois sur eux-mêmes et sur le monde.
James Lucas joue sur les espaces et sur les lieux : de l’atelier du peintre, huis clos intime et feutré, il plonge dans la ville nocturne, Londres toute en lumières et en bruits, avec quelques clins d’œil un peu clash sur l’effervescence mondaine de la mode.
Entre éclats de fantaisie et souvenirs personnels, les images défilent, en ocre et clair obscur, soigneusement distillées selon chaque moment de vie, dans une mise en scène plutôt classique et sobre, délicatement maîtrisée.
« Moss et Freud », laisse de Kate Moss, éclatante icône de l’imaginaire populaire, aux 127 couvertures du magazine Vogue, cette autre vision d’une femme sensible, attachante, d’une belle intériorité.
« L’Odyssée»
Voilà donc la lecture flamboyante et époustouflante de l’Odyssée d’Homère par Christopher Nolan, le plus étonnant démiurge du cinéma contemporain, à qui on doit notamment « Oppenheimer » (2023), « Dunkerque » (2017), « Interstellar » (2014), « Inception » (2010) ou encore sa fameuse trilogie des Batman.
Avec « L’Odyssée », il nous en met plein la vue, les oreilles, l’esprit et le cœur, plein à tous les niveaux, mais jamais trop, tant l’ensemble constitue un formidable spectacle de cinéma, puissant, harmonieux, fascinant, qui mêlent les prouesses techniques et les relations humaines, les morceaux de bravoure et le drame intérieur, la démesure formelle et la richesse narrative.
L’histoire commence à Ithaque, depuis près de 20 ans, Pénélope attend désespérément le retour d’Ulysse, son roi tant aimé dont elle n’a plus de nouvelles depuis si longtemps.
Au palais, il y a Télémaque, leur fils qui pro-mérite du trône mais trop jeune encore, trop inexpérimenté, trop esseulé aussi. Là-bas, les prétendants festoient allègrement en pressant la reine de choisir l’un d’entre eux pour remplacer Ulysse.
Le récit se déplace 10 ans plus tôt pour exalter les exploits guerriers d’Ulysse, le plus fort et le plus malin, lui qui conçoit la géniale astuce de l’offrande du cheval pour prendre la ville de Troie.
En marge, quelques intermèdes du fidèles Eumée, le vieux porcher aveugle, qui anticipe les événements et tente de prévenir les drames.
A Ithaque, Télémaque, las de patience et d’impuissance, décide d’aller à Sparte pour interroger Ménélos, le frère du tout puissant Agamemnon, sur la disparition de son père.
Une narration à tiroirs, complexe, qui intègre différents parcours en des temps et des lieux éloignés, que le destin fera finalement se rejoindre.
L’essentiel porte sur le voyage du retour d’Ulysse, aux multiples dangers, aux batailles sanglantes, aux errances infinies, un périple fantastique et démentiel, dont Christophe Nolan tire des scènes extraordinaires qui renvoient directement à des épisodes de la grande épopée mythologique et à ses fabuleux personnages : le gigantesque cyclope, fils de Poséidon, la maléfique sorcière Circé, les perfides sirènes enchanteresses et bien sûr, la divine nymphe Calypso.
Le casting est à l’aune de la dimension de l’œuvre, éblouissant et prestigieux. Matt Damon donne la pleine dimension physique mais aussi psychologique au personnage d’Ulysse, puissant et héroïque, la barbe grisonnante et décennale qui marque le temps, mais aussi torturé par l’orgueil et la culpabilité, qui affronte les dieux ou s’accorde avec la protectrice Athéna (Zendaya) ; Anne Hathaway qui, de la fashion week milanaise du « Diable
s’habille en Prada 2 », a fait le grand saut dans les temps antiques, pour être la sensible, gracieuse et obstinée Pénélope ; Tom Holland dans le rôle du jeune et téméraire Télémaque (qu’on retrouvera très vite dans le prochain « Spiderman ») et encore Robert Pattinson ; Chalize Théron, Lupito Nyong’o, Samantha Morton, …
Avec Ulysse, Christophe Nolan défie les dieux du cinéma.
« Moss et Freud » de James Lucas
Moss, c’est elle, Kate Moss, le top model star des années 2000 ; Freud, c’est lui, Lucian Freud, l’un des meilleurs peintres du 20ème siècle, le petit fils de Sigmund Freud.
Deux personnalités incompatibles, deux univers que tout oppose : le glamour, le clinquant, la gloire et la fortune, d’une part, la création artistique, la recherche du vrai et du beau par la peinture, d’autre part.
Pourtant, un jour, il accepte de la peindre : ces deux là se rencontrent, s’apprivoisent, se révèlent l’un à l’autre, deviennent des confidents de leur propre vie.
Hors de la frénésie de la mode, toute de fêtes, de champagne et d’envolées artificielles, la diva des défilés trouve une forme de libération d’elle-même et prête son corps nu et son âme ouverte à cet artiste exigeant, rigoureux, sans complaisance mais qui, lui aussi, peut exprimer sa part d’ombre et de mystère.
De cette histoire vraie, partiellement biographique, le réalisateur James Lucas tire un très beau film où deux personnages prennent une dimension insoupçonnée, profondément humaine, d’où se dégagent de la sincérité, du respect et une sorte de quête de la vérité, à la fois sur eux-mêmes et sur le monde.
James Lucas joue sur les espaces et sur les lieux : de l’atelier du peintre, huis clos intime et feutré, il plonge dans la ville nocturne, Londres toute en lumières et en bruits, avec quelques clins d’œil un peu clash sur l’effervescence mondaine de la mode.
Entre éclats de fantaisie et souvenirs personnels, les images défilent, en ocre et clair obscur, soigneusement distillées selon chaque moment de vie, dans une mise en scène plutôt classique et sobre, délicatement maîtrisée.
« Moss et Freud », laisse de Kate Moss, éclatante icône de l’imaginaire populaire, aux 127 couvertures du magazine Vogue, cette autre vision d’une femme sensible, attachante, d’une belle intériorité.