« La Bataille de Gaulle : j’écris ton nom »
J’avais évoqué lors du festival de Cannes le premier volet, présenté hors compétition, de cette ambitieuse épopée historique « La Bataille de Gaulle : l’âge de fer ».
Pour rappel : celui-ci suit le parcours du général de Gaulle, de son exil à Londres à la bataille de Bir Hakeim. D’emblée, on a compris que le réalisateur Antonin Baudry (« Le chant du loup », avec François Civil, Omar Sy, Mathieu Kassovitz) s’est davantage intéressé à la construction du mythe « de Gaulle » qu’à la célébration historique. C’est un biopic instructif qui met en évidence la dimension de l’homme mais qui part un peu dans tous les sens.
Le deuxième épisode est plus fort, plus marquant, plus spectaculaire et on touche au patriotisme du peuple français.
Après l’assassinat de Darlan, le chef des forces françaises libres nommé par les Etats-Unis, Roosevelt choisi un nouvel homme pour diriger la France libre, aux ordres des Américains : le général Giraud.
De Gaulle est encore sur le côté mais reste omniprésent et indirectement très actif grâce à la fidélité et aux expéditions héroïques du Général Leclerc qui a soutenu les forces anglaises en Afrique pour triompher de Rommel et grâce, bien sûr, à l’engagement exemplaire et indéfectible de Jean Moulin qui tente de créer un Conseil National de la Résistance, qui sera dirigé par de Gaulle.
Antonin Baudry va beaucoup plus loin que dans le premier film : dans une narration fluide, intense et compacte, il se concentre sur ces trois personnages majeurs : de Gaulle, bien sûr, mais aussi Leclerc et Moulin, personnalités fortes et complémentaires dont il restitue la considérable importance dans cette ascension de de Gaulle : l’emblématique Moulin et le flamboyant Leclerc. Il intègre aussi des scènes de batailles spectaculaires dans lesquelles on retrouve le souffle épique et patriotique de l’Histoire.
Dans le rôle de De Gaulle, on retrouve bien sûr un Simon Abkarian, qui a très justement « imaginé » de Gaulle, sans vouloir prétentieusement le recréer à l’écran. Cette fois très entouré par Niels Schneider qui est le Général Leclerc et Félix Kysyl dans celui de Jean Moulin, tous deux légitimement dans la lumière de l’Histoire.
Une grande épopée de cinéma qui nous offre une nouvelle occasion, jamais inutile et toujours enrichissante de revisiter l’Histoire de France et du Monde.


Le Virtuose
Le Virtuose, c’est Niki, un gars doté de l’oreille absolue, surdoué au piano dès son plus jeune âge mais pour qui une hyperacousie (une intolérance aux bruits) a bloqué toute vocation artistique. Il est devenu accordeur de piano et travaille avec son oncle Harry, une ancienne gloire du jazz, malade et désargenté.
Dans une salle de spectacle où il est venu accorder le piano, il rencontre Ruthie, une étudiante qui prépare assidûment son concours de fin d’année. Il en tombe amoureux.
Chez un riche client, il surprend Uri, un malfrat et ses deux neveux en train de percer un coffre fort. Pour se tirer d’affaire, il leur ouvre le coffre à l’oreille. Uri lui propose de gagner beaucoup d’argent en travaillant pour lui. Niki accepte pour payer les frais d’hospitalisation de Harry.
Niki alterne ainsi les virées amoureuses et les ouvertures de coffre …
La mise en scène de Daniel Roher, documentariste oscarisé pour le film « Navalny » (2022) consacré à cet opposant politique de poutine, est délicate et élégante, brillante dans ses variations esthétiques, avec des scènes magnifiquement cadrées, des plongées et travellings de haut vol et d’admirables gros plans sur des mains glissantes, d’une touche à l’autre …
Le réalisateur passe habilement de la comédie romantique au thriller de casse, avec des moments privilégiés de tendresse et de complicité et des scènes plus intenses et parfois dramatiques, rapprochant ainsi, assez curieusement, le milieu des artistes et celui des truands, ce qui crée une épatante dualité entre douceur et violence.
Daniel Roher joue aussi sur le son, omniprésent au niveau des personnages et en immersion permanente dans tout le film, développant un espace sonore diversifié et démultiplié qui constitue le moteur principal à la fois du scénario et de la mise en scène.
L’acteur anglais Léo Woodall donne au personnage de Niki un charme discret et une naïveté coupable, accompagné, dans la première partie du film, par le « vieux » Dustin Hoffman, inévitablement attachant, malgré un certain cabotinage de bon aloi.
André CEUTERICK
« La Bataille de Gaulle : j’écris ton nom »
J’avais évoqué lors du festival de Cannes le premier volet, présenté hors compétition, de cette ambitieuse épopée historique « La Bataille de Gaulle : l’âge de fer ».
Pour rappel : celui-ci suit le parcours du général de Gaulle, de son exil à Londres à la bataille de Bir Hakeim. D’emblée, on a compris que le réalisateur Antonin Baudry (« Le chant du loup », avec François Civil, Omar Sy, Mathieu Kassovitz) s’est davantage intéressé à la construction du mythe « de Gaulle » qu’à la célébration historique. C’est un biopic instructif qui met en évidence la dimension de l’homme mais qui part un peu dans tous les sens.
Le deuxième épisode est plus fort, plus marquant, plus spectaculaire et on touche au patriotisme du peuple français.
Après l’assassinat de Darlan, le chef des forces françaises libres nommé par les Etats-Unis, Roosevelt choisi un nouvel homme pour diriger la France libre, aux ordres des Américains : le général Giraud.
De Gaulle est encore sur le côté mais reste omniprésent et indirectement très actif grâce à la fidélité et aux expéditions héroïques du Général Leclerc qui a soutenu les forces anglaises en Afrique pour triompher de Rommel et grâce, bien sûr, à l’engagement exemplaire et indéfectible de Jean Moulin qui tente de créer un Conseil National de la Résistance, qui sera dirigé par de Gaulle.
Antonin Baudry va beaucoup plus loin que dans le premier film : dans une narration fluide, intense et compacte, il se concentre sur ces trois personnages majeurs : de Gaulle, bien sûr, mais aussi Leclerc et Moulin, personnalités fortes et complémentaires dont il restitue la considérable importance dans cette ascension de de Gaulle : l’emblématique Moulin et le flamboyant Leclerc. Il intègre aussi des scènes de batailles spectaculaires dans lesquelles on retrouve le souffle épique et patriotique de l’Histoire.
Dans le rôle de De Gaulle, on retrouve bien sûr un Simon Abkarian, qui a très justement « imaginé » de Gaulle, sans vouloir prétentieusement le recréer à l’écran. Cette fois très entouré par Niels Schneider qui est le Général Leclerc et Félix Kysyl dans celui de Jean Moulin, tous deux légitimement dans la lumière de l’Histoire.
Une grande épopée de cinéma qui nous offre une nouvelle occasion, jamais inutile et toujours enrichissante de revisiter l’Histoire de France et du Monde.


Le Virtuose
Le Virtuose, c’est Niki, un gars doté de l’oreille absolue, surdoué au piano dès son plus jeune âge mais pour qui une hyperacousie (une intolérance aux bruits) a bloqué toute vocation artistique. Il est devenu accordeur de piano et travaille avec son oncle Harry, une ancienne gloire du jazz, malade et désargenté.
Dans une salle de spectacle où il est venu accorder le piano, il rencontre Ruthie, une étudiante qui prépare assidûment son concours de fin d’année. Il en tombe amoureux.
Chez un riche client, il surprend Uri, un malfrat et ses deux neveux en train de percer un coffre fort. Pour se tirer d’affaire, il leur ouvre le coffre à l’oreille. Uri lui propose de gagner beaucoup d’argent en travaillant pour lui. Niki accepte pour payer les frais d’hospitalisation de Harry.
Niki alterne ainsi les virées amoureuses et les ouvertures de coffre …
La mise en scène de Daniel Roher, documentariste oscarisé pour le film « Navalny » (2022) consacré à cet opposant politique de poutine, est délicate et élégante, brillante dans ses variations esthétiques, avec des scènes magnifiquement cadrées, des plongées et travellings de haut vol et d’admirables gros plans sur des mains glissantes, d’une touche à l’autre …
Le réalisateur passe habilement de la comédie romantique au thriller de casse, avec des moments privilégiés de tendresse et de complicité et des scènes plus intenses et parfois dramatiques, rapprochant ainsi, assez curieusement, le milieu des artistes et celui des truands, ce qui crée une épatante dualité entre douceur et violence.
Daniel Roher joue aussi sur le son, omniprésent au niveau des personnages et en immersion permanente dans tout le film, développant un espace sonore diversifié et démultiplié qui constitue le moteur principal à la fois du scénario et de la mise en scène.
L’acteur anglais Léo Woodall donne au personnage de Niki un charme discret et une naïveté coupable, accompagné, dans la première partie du film, par le « vieux » Dustin Hoffman, inévitablement attachant, malgré un certain cabotinage de bon aloi.
André CEUTERICK