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« Yellow Letters » et « Michael » à voir au cinéma !
Publié le 27 avril, 2026

«Michael»

Je ne suis pas vraiment fan de Michael Jackson ni de l’artiste, certes prodigieux, ni du personnage qu’il s’est finalement façonné.

Force est quand même de reconnaître que le film est impressionnant, voire passionnant en certains endroits.

Dans ce biopic consacré à Michael Jackson, de sa prime enfance au grand concert de Londres en 1988 (ceci a toute son importance car certaines chroniques évoquent un biopic sur la vie et la carrière de la star), Antoine Fuqua (« Equalizer » 1, 2,3 – 2014, 2018, 2023) démontre un double savoir faire dans le traitement de ce sujet en alternant les scènes privées, plus intimes, et les séquences de grand spectacle, formidable délire visuel et sonore.  Il réussit ainsi à « couvrir » les deux facettes essentielles de la personnalité très particulière de Michael Jackson : l’être « différent », sensible, plein de naïveté et d’innocence, qui vit dans sa « bulle » et s’attache aux animaux de toutes espèces et aux enfants malades et le surdoué de la musique et du chant, intuitif, créatif, débordant d’imagination, une « bête de scène » qui veut devenir la plus grande star du monde.

Visuellement, c’est un film d’une puissance extraordinaire, avec quelques grandes scènes de concerts, acclamées par une foule hystérique ; narrativement, c’est l’histoire touchante d’un enfant qui n’a, en lui-même, jamais grandi, victime de la persécution d’un père dominateur et mégalomane, porté par ses propres ambitions de richesse et de gloire, animé par cette inébranlable obsession du « règne familial » des Jackson Five, bridant systématiquement Michael, en quête d’une très légitime carrière solo.

Dans le rôle titre, Jaafar Jackson, le fils de Jermaine, l’un des frères de Michael, néophyte au cinéma mais baigné dès son plus jeune âge dans l’univers musical des siens est bluffant de mimétisme avec son oncle dont il reproduit d’une manière incroyable, la gestuelle, l’énergie et la véhémence artistique.  Il parvient aussi  à en communiquer la douce humanité.

Certaine controverses sont d’ores et déjà liées au fait que le film ait été produit avec la famille de la star, ce qui implique l’édulcoration de certains aspects plus sombres et peu reluisants.

Ici, on évoque même des éléments spécifiquement occultés, comme des agressions sexuelles sur mineur ou encore diverses actions en justices.

Reste un film extrêmement plaisant à voir et … à entendre.

« Yellow letters»

Ce film du réalisateur germano-turc Ilker Catak a reçu l’Ours d’Or au dernier festival de Berlin qui valorisait ainsi son engagement politique.

De fait, puisqu’il constitue une critique claire et frontale de l’autoritarisme du tout puissant Erdogan en Turquie.

Aziz, professeur de théâtre à l’université d’État de Ankara et dramaturge considéré vit avec Derya, une vedette de la scène et leur fille Ezgi, une adolescente au caractère bien trempé.

Sans être des activistes politiques, ils soutiennent les manifestations et mouvements sociaux et s’expriment librement. Un jour, ils reçoivent la « lettre jaune » signifiant l’interdiction d’enseigner et de faire du théâtre. Ils doivent alors retourner vivre à Istanbul, chez la mère d’Aziz. 

Celui-ci travaille comme chauffeur de taxi ; Derya tente de nouveaux castings mais tous deux restent ancrés dans leurs convictions premières de liberté démocratique.

Ilker Catak évite le piège du film militant et de propagande pour suivre le parcours de deux intellectuels pris dans la tourmente d’un pouvoir directorial qui d’un jour à l’autre, compromettent leur existence, ébranlent leurs idéaux et menacent leurs carrières.  A ce niveau, le propos est clairement établi.

Néanmoins les difficultés de leur nouvelle vie quotidienne fragilisent le couple : Aziz et Derya se disputent sur l’hébergement prolongé chez la grand-mère et divergent sur leurs perspectives d’avenir et leurs ambitions respectives.  Dès lors, c’est le conflit conjugal et familial qui prend le pas sur le reste.

Le sujet fait appel à notre prise de conscience politique mais le film est aussi plaisant à suivre grâce à un scénario fluide, une mise en scène sobre et soignée et à la juste interprétation de Özgü Namal et Tansu Biçer.

                                                                                                               André CEUTERICK

« Yellow Letters » et « Michael » à voir au cinéma !
Publié le 27 avril, 2026

«Michael»

Je ne suis pas vraiment fan de Michael Jackson ni de l’artiste, certes prodigieux, ni du personnage qu’il s’est finalement façonné.

Force est quand même de reconnaître que le film est impressionnant, voire passionnant en certains endroits.

Dans ce biopic consacré à Michael Jackson, de sa prime enfance au grand concert de Londres en 1988 (ceci a toute son importance car certaines chroniques évoquent un biopic sur la vie et la carrière de la star), Antoine Fuqua (« Equalizer » 1, 2,3 – 2014, 2018, 2023) démontre un double savoir faire dans le traitement de ce sujet en alternant les scènes privées, plus intimes, et les séquences de grand spectacle, formidable délire visuel et sonore.  Il réussit ainsi à « couvrir » les deux facettes essentielles de la personnalité très particulière de Michael Jackson : l’être « différent », sensible, plein de naïveté et d’innocence, qui vit dans sa « bulle » et s’attache aux animaux de toutes espèces et aux enfants malades et le surdoué de la musique et du chant, intuitif, créatif, débordant d’imagination, une « bête de scène » qui veut devenir la plus grande star du monde.

Visuellement, c’est un film d’une puissance extraordinaire, avec quelques grandes scènes de concerts, acclamées par une foule hystérique ; narrativement, c’est l’histoire touchante d’un enfant qui n’a, en lui-même, jamais grandi, victime de la persécution d’un père dominateur et mégalomane, porté par ses propres ambitions de richesse et de gloire, animé par cette inébranlable obsession du « règne familial » des Jackson Five, bridant systématiquement Michael, en quête d’une très légitime carrière solo.

Dans le rôle titre, Jaafar Jackson, le fils de Jermaine, l’un des frères de Michael, néophyte au cinéma mais baigné dès son plus jeune âge dans l’univers musical des siens est bluffant de mimétisme avec son oncle dont il reproduit d’une manière incroyable, la gestuelle, l’énergie et la véhémence artistique.  Il parvient aussi  à en communiquer la douce humanité.

Certaine controverses sont d’ores et déjà liées au fait que le film ait été produit avec la famille de la star, ce qui implique l’édulcoration de certains aspects plus sombres et peu reluisants.

Ici, on évoque même des éléments spécifiquement occultés, comme des agressions sexuelles sur mineur ou encore diverses actions en justices.

Reste un film extrêmement plaisant à voir et … à entendre.

« Yellow letters»

Ce film du réalisateur germano-turc Ilker Catak a reçu l’Ours d’Or au dernier festival de Berlin qui valorisait ainsi son engagement politique.

De fait, puisqu’il constitue une critique claire et frontale de l’autoritarisme du tout puissant Erdogan en Turquie.

Aziz, professeur de théâtre à l’université d’État de Ankara et dramaturge considéré vit avec Derya, une vedette de la scène et leur fille Ezgi, une adolescente au caractère bien trempé.

Sans être des activistes politiques, ils soutiennent les manifestations et mouvements sociaux et s’expriment librement. Un jour, ils reçoivent la « lettre jaune » signifiant l’interdiction d’enseigner et de faire du théâtre. Ils doivent alors retourner vivre à Istanbul, chez la mère d’Aziz. 

Celui-ci travaille comme chauffeur de taxi ; Derya tente de nouveaux castings mais tous deux restent ancrés dans leurs convictions premières de liberté démocratique.

Ilker Catak évite le piège du film militant et de propagande pour suivre le parcours de deux intellectuels pris dans la tourmente d’un pouvoir directorial qui d’un jour à l’autre, compromettent leur existence, ébranlent leurs idéaux et menacent leurs carrières.  A ce niveau, le propos est clairement établi.

Néanmoins les difficultés de leur nouvelle vie quotidienne fragilisent le couple : Aziz et Derya se disputent sur l’hébergement prolongé chez la grand-mère et divergent sur leurs perspectives d’avenir et leurs ambitions respectives.  Dès lors, c’est le conflit conjugal et familial qui prend le pas sur le reste.

Le sujet fait appel à notre prise de conscience politique mais le film est aussi plaisant à suivre grâce à un scénario fluide, une mise en scène sobre et soignée et à la juste interprétation de Özgü Namal et Tansu Biçer.

                                                                                                               André CEUTERICK