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« Les filles du ciel » et « L’enfant du désert » au menu pour votre sortie ciné !
Publié le 10 avril, 2026

« Les filles du ciel« 

C’est le premier long métrage réalisé par l’actrice belge Bérangère McNeese (vue dans « Grave » de Julia Ducournau et surtout  dans des séries à  succès comme « HPI » et « Le Bureau des légendes »).

Elle s’attache ici au parcours chaotique de Héloïse, une adolescente de 15 ans qui fugue de son foyer d’accueil et intègre un groupe de jeunes femmes marginalisées dans un appartement du dernier étage d’un HLM surnommé « le Ciel ».

Les filles du Ciel, ce sont Jenna, Mona et Mallorie, avec son bébé Jade.  Ensemble, elles survivent par la débrouille, avec des petits larcins, des jobs en boîte de nuit et … beaucoup de solidarité malgré certaines tensions et rivalités.

Héloïse reprend contact avec Nicolas, son éducateur au foyer, avec qui elle a une relation amoureuse mais celui-ci la repousse car il a peur de perdre son emploi. Progressivement Héloïse tente de se reconstruire mais elle se rend compte qu’elle est enceinte …

Bérangère McNeese saisit des moments de vie de ces filles-là qui luttent contre la précarité, sans misérabilisme, avec force et rage de vivre.  Leur vie est régulée, au quotidien, par l’indigence et les coups reçus à l’extérieur mais aussi par l’entraide voire leur tendresse mutuelle : le film célèbre la sororité avec une sorte d’intensité naturelle qui colle à la peau de ces filles-là.  Il est porté par de jeunes actrices pleines d’ardeur et de fougue à qui Bérengère McNeese semble avoir laissé beaucoup de liberté mais qu’elle encadre dans des lieux assez confinés comme l’appartement ou la boîte de nuit.

Le film baigne dans un réalisme social et humain bien rendu par une mise en scène âpre, vive, un peu inspirée d’un naturalisme à la Dardenne, avec sa lumière naturelle, sa caméra portée, ses plans serrés sur les visages, ses mouvements vifs et saccadés.

On peut regretter un manquant de liant et de cohésion narrative entre les différentes séquences et les temps forts du film mais Bérangère McNeese est, en tout cas, une jeune cinéaste à suivre.

« L’enfant du désert »

Le réalisateur français Gilles De Maistre est bien connu pour ses histoires d’enfants, d’animaux et de nature, comme « Mia et le lion blanc » (2018), « Le loup et le lion » (2021) ou encore « Le dernier jaguar » (2024).

Dans ce 6ème long métrage, il s’inspire de l’ouvrage de la journaliste suédoise Monica Zak, « Hadara, l’enfant autruche » (1999) qui retrace l’histoire vraie d’un enfant perdu dans le désert au début du 20ème siècle.

Le film commence avec la remise d’un prix d’encouragement littéraire à Sun, une adolescente de 14 ans qui a écrit un livre sur une incroyable histoire que lui avait racontée son grand-père, un ancien reporter-explorateur, celle de Hadara, un enfant nomade perdu par sa mère à l’âge de 2 ans dans une tempête de sable dans le désert.  Il avait été recueilli et élevé par un couple d’autruches …

Sun laisse alors libre cours à son imagination pour conclure que l’enfant était devenu le roi du désert et qu’il avait vécu jusqu’à 160 ans !

Mais lorsqu’elle est invitée à visiter la région du Sahara d’où est originaire Hadara, une jeune autochtone lui raconte la vraie suite de l’histoire …

Dans un premier temps, on pense évidemment au grand film de François Truffaut, « L’enfant sauvage » (1969) avec  un gamin d’une dizaine d’années abandonné en pleine forêt et élevé par des loups mais l’analogie s’arrête là car, ici, ce n’est pas d’une prospective scientifique qu’il s’agit mais d’un conte initiatique dont le héros est un enfant qui s’éveille à la vie d’une manière extraordinaire.  Un récit d’apprentissage puissant et merveilleux qui nous immerge dans un paysage grandiose et fascinant.

Comme dans les autres films de Gilles De Maistre, c’est la dimension visuelle qui importe avec une mise en scène qui privilégie les grands espaces et une caméra qui capte avec tendresse ces moments, très émouvants, entre l’enfant et les autruches qui l’adoptent.

Dommage qu’une malencontreuse anecdote relatant l’intervention d’une équipe de producteurs hollywoodiens cupides vienne ternir l’enchantement de cette histoire.

                                                                                                               André CEUTERICK

« Les filles du ciel » et « L’enfant du désert » au menu pour votre sortie ciné !
Publié le 10 avril, 2026

« Les filles du ciel« 

C’est le premier long métrage réalisé par l’actrice belge Bérangère McNeese (vue dans « Grave » de Julia Ducournau et surtout  dans des séries à  succès comme « HPI » et « Le Bureau des légendes »).

Elle s’attache ici au parcours chaotique de Héloïse, une adolescente de 15 ans qui fugue de son foyer d’accueil et intègre un groupe de jeunes femmes marginalisées dans un appartement du dernier étage d’un HLM surnommé « le Ciel ».

Les filles du Ciel, ce sont Jenna, Mona et Mallorie, avec son bébé Jade.  Ensemble, elles survivent par la débrouille, avec des petits larcins, des jobs en boîte de nuit et … beaucoup de solidarité malgré certaines tensions et rivalités.

Héloïse reprend contact avec Nicolas, son éducateur au foyer, avec qui elle a une relation amoureuse mais celui-ci la repousse car il a peur de perdre son emploi. Progressivement Héloïse tente de se reconstruire mais elle se rend compte qu’elle est enceinte …

Bérangère McNeese saisit des moments de vie de ces filles-là qui luttent contre la précarité, sans misérabilisme, avec force et rage de vivre.  Leur vie est régulée, au quotidien, par l’indigence et les coups reçus à l’extérieur mais aussi par l’entraide voire leur tendresse mutuelle : le film célèbre la sororité avec une sorte d’intensité naturelle qui colle à la peau de ces filles-là.  Il est porté par de jeunes actrices pleines d’ardeur et de fougue à qui Bérengère McNeese semble avoir laissé beaucoup de liberté mais qu’elle encadre dans des lieux assez confinés comme l’appartement ou la boîte de nuit.

Le film baigne dans un réalisme social et humain bien rendu par une mise en scène âpre, vive, un peu inspirée d’un naturalisme à la Dardenne, avec sa lumière naturelle, sa caméra portée, ses plans serrés sur les visages, ses mouvements vifs et saccadés.

On peut regretter un manquant de liant et de cohésion narrative entre les différentes séquences et les temps forts du film mais Bérangère McNeese est, en tout cas, une jeune cinéaste à suivre.

« L’enfant du désert »

Le réalisateur français Gilles De Maistre est bien connu pour ses histoires d’enfants, d’animaux et de nature, comme « Mia et le lion blanc » (2018), « Le loup et le lion » (2021) ou encore « Le dernier jaguar » (2024).

Dans ce 6ème long métrage, il s’inspire de l’ouvrage de la journaliste suédoise Monica Zak, « Hadara, l’enfant autruche » (1999) qui retrace l’histoire vraie d’un enfant perdu dans le désert au début du 20ème siècle.

Le film commence avec la remise d’un prix d’encouragement littéraire à Sun, une adolescente de 14 ans qui a écrit un livre sur une incroyable histoire que lui avait racontée son grand-père, un ancien reporter-explorateur, celle de Hadara, un enfant nomade perdu par sa mère à l’âge de 2 ans dans une tempête de sable dans le désert.  Il avait été recueilli et élevé par un couple d’autruches …

Sun laisse alors libre cours à son imagination pour conclure que l’enfant était devenu le roi du désert et qu’il avait vécu jusqu’à 160 ans !

Mais lorsqu’elle est invitée à visiter la région du Sahara d’où est originaire Hadara, une jeune autochtone lui raconte la vraie suite de l’histoire …

Dans un premier temps, on pense évidemment au grand film de François Truffaut, « L’enfant sauvage » (1969) avec  un gamin d’une dizaine d’années abandonné en pleine forêt et élevé par des loups mais l’analogie s’arrête là car, ici, ce n’est pas d’une prospective scientifique qu’il s’agit mais d’un conte initiatique dont le héros est un enfant qui s’éveille à la vie d’une manière extraordinaire.  Un récit d’apprentissage puissant et merveilleux qui nous immerge dans un paysage grandiose et fascinant.

Comme dans les autres films de Gilles De Maistre, c’est la dimension visuelle qui importe avec une mise en scène qui privilégie les grands espaces et une caméra qui capte avec tendresse ces moments, très émouvants, entre l’enfant et les autruches qui l’adoptent.

Dommage qu’une malencontreuse anecdote relatant l’intervention d’une équipe de producteurs hollywoodiens cupides vienne ternir l’enchantement de cette histoire.

                                                                                                               André CEUTERICK