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« La danse des renards » et « I swear » à découvrir dans les salles de cinéma en Belgique !
Publié le 30 mars, 2026

«La danse des renards»

Ce premier long métrage du réalisateur belge Valéry Carnoy avait été remarqué à la Quinzaine des cinéastes au festival de Cannes 2025. Le voici enfin sur les écrans.

Dans un internat sport-études, en Belgique, un groupe d’adolescents s’entraînent à devenir boxeurs professionnels.  Parmi eu, Camille, le plus doué d’entre tous, assurément promis à un bel avenir.

Camille entretient une amitié fusionnelle avec Mattéo, un autre garçon du groupe, son confident, qui le suit, l’encourage et l’entraîne.

Un jour, tous deux se promènent dans la forêt voisine où ils aiment épier et nourrir des renards. Camille fait une mauvaise chute. Matteo lui porte secours.

Après deux mois d’arrêt forcé, Camille reprend l’entraînement en vue des prochains championnats d’Europe. Il semble avoir retrouvé toutes ses capacités physiques mais une douleur persiste et l’affecte aussi moralement et psychologiquement.

Valéry Carnoy dépeint une personnalité plus profonde et plus complexe qu’il n’y paraît. D’abord, animé par l’esprit de compétition et l’impératif de victoire, Camille est en proie au doute et à un questionnement sur son désir réel de performer, sur la valeur de cette vie dans l’univers clos et codé d’un vestiaire sportif où il n’existe finalement aux yeux des autres que par son potentiel de futur champion.

Valéry Carnoy restitue l’ambiance, l’atmosphère et les enjeux de cette « fabrique » d’athlètes de haut niveau où les rivalités personnelles finissent par prévaloir.

Un soir, Camille entrevoit un petit rayon de lumière grâce à Yasmine, une élève en taekwondo, qui s’isole secrètement pour jouer de la trompette : il y a donc autre chose que la boxe, la hargne physique et la victoire à tout prix.

Valéry Carnoy intègre dans sa mise en scène des séquences de combat, vécues rudesse et intensité, et des moments plus intimes, liés au tourment et à l’isolement qui contraignent Camille. Le tout fonctionne plutôt bien d’autant plus que Samuel Kircher (le fils de la comédienne Irène Jacob, révélé dans « L’été dernier » de Catherine Breillat) donne à la fois de la force et de la détermination mais aussi de la fragilité et de la vulnérabilité au personnage de Camille, sensible et à fleur de peau.

« I swear »

L’expérimenté cinéaste anglais Kirk Jones (à qui on doit notamment le premier « Nanny McPhee ») raconte l’histoire vraie de John Davidson, un jeune Écossais de 12 ans qui, en 1983, voit sa vie bouleversée par l’apparition de tics et de paroles ordurières, liée au symptôme de Gilles de la Tourette, une maladie neurologique incontrôlable, encore peu connue à l’époque, et même de nos jours.

Dès lors, tout se complique : une enfance harcelée, des relations violentes avec les autres, puis plus tard, une insertion sociale difficile, quelques conflits familiaux et même certains démêlés avec la justice.

John tente de faire face : il s’accepte comme tel et se bat contre la honte imposée par le regard des autres, même de son entourage qui oscille entre gêne et jugement. Pour la société, c’est l’incompréhension, le mépris, le rejet.

Kirk Jones réussit un formidable tour de force en trouvant un juste équilibre entre la compassion et l’empathie qui sont dues à la situation du malade et le côté hilarant de certaines situations imprévisibles et embarrassante quand John ne peut maîtriser une crise de tics verbaux et sonores et de flots de paroles grossières.

La mise en scène classique, presque discrète, fait la part belle à la double magnifique interprétation du rôle de John, avec Scott Ellis Watson, un adolescent meurtri et bafoué, puis avec Robert Aramayo qui donne pleine crédibilité à ce personnage adulte si « différent ».

Kirk Jones convertit subtilement un drame humain et familial en une comédie émouvante, sensible, empreinte d’une grande générosité sociale et humaine, comme dans les meilleurs films de son illustre aimé Ken Loach.  Ce n’est pas une moindre référence

                                                                                                               André CEUTERICK

« La danse des renards » et « I swear » à découvrir dans les salles de cinéma en Belgique !
Publié le 30 mars, 2026

«La danse des renards»

Ce premier long métrage du réalisateur belge Valéry Carnoy avait été remarqué à la Quinzaine des cinéastes au festival de Cannes 2025. Le voici enfin sur les écrans.

Dans un internat sport-études, en Belgique, un groupe d’adolescents s’entraînent à devenir boxeurs professionnels.  Parmi eu, Camille, le plus doué d’entre tous, assurément promis à un bel avenir.

Camille entretient une amitié fusionnelle avec Mattéo, un autre garçon du groupe, son confident, qui le suit, l’encourage et l’entraîne.

Un jour, tous deux se promènent dans la forêt voisine où ils aiment épier et nourrir des renards. Camille fait une mauvaise chute. Matteo lui porte secours.

Après deux mois d’arrêt forcé, Camille reprend l’entraînement en vue des prochains championnats d’Europe. Il semble avoir retrouvé toutes ses capacités physiques mais une douleur persiste et l’affecte aussi moralement et psychologiquement.

Valéry Carnoy dépeint une personnalité plus profonde et plus complexe qu’il n’y paraît. D’abord, animé par l’esprit de compétition et l’impératif de victoire, Camille est en proie au doute et à un questionnement sur son désir réel de performer, sur la valeur de cette vie dans l’univers clos et codé d’un vestiaire sportif où il n’existe finalement aux yeux des autres que par son potentiel de futur champion.

Valéry Carnoy restitue l’ambiance, l’atmosphère et les enjeux de cette « fabrique » d’athlètes de haut niveau où les rivalités personnelles finissent par prévaloir.

Un soir, Camille entrevoit un petit rayon de lumière grâce à Yasmine, une élève en taekwondo, qui s’isole secrètement pour jouer de la trompette : il y a donc autre chose que la boxe, la hargne physique et la victoire à tout prix.

Valéry Carnoy intègre dans sa mise en scène des séquences de combat, vécues rudesse et intensité, et des moments plus intimes, liés au tourment et à l’isolement qui contraignent Camille. Le tout fonctionne plutôt bien d’autant plus que Samuel Kircher (le fils de la comédienne Irène Jacob, révélé dans « L’été dernier » de Catherine Breillat) donne à la fois de la force et de la détermination mais aussi de la fragilité et de la vulnérabilité au personnage de Camille, sensible et à fleur de peau.

« I swear »

L’expérimenté cinéaste anglais Kirk Jones (à qui on doit notamment le premier « Nanny McPhee ») raconte l’histoire vraie de John Davidson, un jeune Écossais de 12 ans qui, en 1983, voit sa vie bouleversée par l’apparition de tics et de paroles ordurières, liée au symptôme de Gilles de la Tourette, une maladie neurologique incontrôlable, encore peu connue à l’époque, et même de nos jours.

Dès lors, tout se complique : une enfance harcelée, des relations violentes avec les autres, puis plus tard, une insertion sociale difficile, quelques conflits familiaux et même certains démêlés avec la justice.

John tente de faire face : il s’accepte comme tel et se bat contre la honte imposée par le regard des autres, même de son entourage qui oscille entre gêne et jugement. Pour la société, c’est l’incompréhension, le mépris, le rejet.

Kirk Jones réussit un formidable tour de force en trouvant un juste équilibre entre la compassion et l’empathie qui sont dues à la situation du malade et le côté hilarant de certaines situations imprévisibles et embarrassante quand John ne peut maîtriser une crise de tics verbaux et sonores et de flots de paroles grossières.

La mise en scène classique, presque discrète, fait la part belle à la double magnifique interprétation du rôle de John, avec Scott Ellis Watson, un adolescent meurtri et bafoué, puis avec Robert Aramayo qui donne pleine crédibilité à ce personnage adulte si « différent ».

Kirk Jones convertit subtilement un drame humain et familial en une comédie émouvante, sensible, empreinte d’une grande générosité sociale et humaine, comme dans les meilleurs films de son illustre aimé Ken Loach.  Ce n’est pas une moindre référence

                                                                                                               André CEUTERICK