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« Dreams » et « Le crime du 3ème étage » , deux nouveaux films à voir au cinéma !
Publié le 13 mars, 2026

«Le crime du 3ème étage»

Rémi Bezançon réalise ici une comédie dramatico-policière, qui allie la fantaisie et le suspense, de manière ludique et savoureuse.

François, un auteur de polars à connotation historique et Colette, enseignante universitaire d’analyse cinématographique, spécialiste de Hitchcock, forment un coupe fané et essoufflé.

Un soir, leur nouveau voisin Yann, les invite à l’une de ses représentations théâtrales, un Hamlet revisité, poussif et médiocre.

De retour chez eux, Colette est témoin d’une violente altercation entre le comédien et son épouse, à travers la fenêtre d’en face.  Elle pense qui l’a tuée mais le lendemain l’homme et la femme réapparaissent comme si rien ne s’était passé.

Colette persuade néanmoins François de mener l’enquête et l’emmène dans une sorte de jeu de piste, comme inspiré par « Fenêtre sur cour », l’un des chefs- d’œuvre de Hitchcock .

Le film est un hommage appuyé au maître du suspense avec quelques jolis clins d’œil référencé dans le développement de l’intrigue et quelques réminiscences de scènes cultes dans l’esprit de Colette.

L’enquête conduite par les deux détectives amateurs renforcent aussi, au fil des événements, leur complicité et leur engouement, ce en quoi Laetitia Casta et Gilles Lellouche font merveilles.  Ces deux-là sont drôles, espiègles, cabotins juste ce qu’il faut et ils font pétiller le film.

Le réalisateur joue en permanence sur les références et le second degré et multiplie les aller et retour entre les glissements imaginaires respectifs des deux héros et les péripéties de la fiction principale pour nous offrir une belle jouissance de cinéma et quelques moments d’émotion sincère.

Un divertissement élégant, ludique, parfois surprenant, et très plaisant à suivre.

«Dreams»

Le réalisateur mexicain Michel Franco produit un cinéma puissant, ancré dans des réalités sociales, raciales et politiques, souvent baigné dans une violence frontale.

Dans « Dreams », son nouveau film, il met en scène Fernando, jeune danseur de ballet mexicain, qui traverse clandestinement la frontière pour rejoindre Jennifer, une mécène américaine richissime et philanthrope, qui est tombée amoureuse de lui et lui a promis de l’aider à percer aux États-Unis.

La relation, à la fois amoureuse, sexuelle et économique, reflète le faux rêve américain empreint d’illusion, de xénophobie et de mépris des classes.  Michel Franco décrit un monde âpre et dur, sans réelle espérance, où les passions, même fortes et sincères, ne peuvent transgresser les normes sociales et les intérêts privés. Et le migrant reste sous le joug de la toute puissante bourgeoisie, d’abord de manière feutrée puis de plus en plus autoritaire.

La mise en scène repose sur de longs plans fixes avec un découpage minimal et un montage sans heurt ni effets visuels inutiles, ce qui intensifie naturellement la tension régnante et installe un malaise persistant qui consacre inéluctablement la distanciation entre les amants, à la fois sentimentale et sociale.  Et Jennifer ne sacrifiera finalement, à aucun moment, son statut et son identité propre à la passion amoureuse et, conséquemment, à l’ambition de Fernando.

« Dreams » est une tragédie contemporaine immergée dans un monde d’inégalités et de discriminations animé par une sourde violence, à la fois physique et morale.

Avec dans les rôles principaux Jessica Chastain et Isaac Hernandez, deux tempéraments passionnels pour deux personnalités antinomiques.

                                                                                                               André CEUTERICK

« Dreams » et « Le crime du 3ème étage » , deux nouveaux films à voir au cinéma !
Publié le 13 mars, 2026

«Le crime du 3ème étage»

Rémi Bezançon réalise ici une comédie dramatico-policière, qui allie la fantaisie et le suspense, de manière ludique et savoureuse.

François, un auteur de polars à connotation historique et Colette, enseignante universitaire d’analyse cinématographique, spécialiste de Hitchcock, forment un coupe fané et essoufflé.

Un soir, leur nouveau voisin Yann, les invite à l’une de ses représentations théâtrales, un Hamlet revisité, poussif et médiocre.

De retour chez eux, Colette est témoin d’une violente altercation entre le comédien et son épouse, à travers la fenêtre d’en face.  Elle pense qui l’a tuée mais le lendemain l’homme et la femme réapparaissent comme si rien ne s’était passé.

Colette persuade néanmoins François de mener l’enquête et l’emmène dans une sorte de jeu de piste, comme inspiré par « Fenêtre sur cour », l’un des chefs- d’œuvre de Hitchcock .

Le film est un hommage appuyé au maître du suspense avec quelques jolis clins d’œil référencé dans le développement de l’intrigue et quelques réminiscences de scènes cultes dans l’esprit de Colette.

L’enquête conduite par les deux détectives amateurs renforcent aussi, au fil des événements, leur complicité et leur engouement, ce en quoi Laetitia Casta et Gilles Lellouche font merveilles.  Ces deux-là sont drôles, espiègles, cabotins juste ce qu’il faut et ils font pétiller le film.

Le réalisateur joue en permanence sur les références et le second degré et multiplie les aller et retour entre les glissements imaginaires respectifs des deux héros et les péripéties de la fiction principale pour nous offrir une belle jouissance de cinéma et quelques moments d’émotion sincère.

Un divertissement élégant, ludique, parfois surprenant, et très plaisant à suivre.

«Dreams»

Le réalisateur mexicain Michel Franco produit un cinéma puissant, ancré dans des réalités sociales, raciales et politiques, souvent baigné dans une violence frontale.

Dans « Dreams », son nouveau film, il met en scène Fernando, jeune danseur de ballet mexicain, qui traverse clandestinement la frontière pour rejoindre Jennifer, une mécène américaine richissime et philanthrope, qui est tombée amoureuse de lui et lui a promis de l’aider à percer aux États-Unis.

La relation, à la fois amoureuse, sexuelle et économique, reflète le faux rêve américain empreint d’illusion, de xénophobie et de mépris des classes.  Michel Franco décrit un monde âpre et dur, sans réelle espérance, où les passions, même fortes et sincères, ne peuvent transgresser les normes sociales et les intérêts privés. Et le migrant reste sous le joug de la toute puissante bourgeoisie, d’abord de manière feutrée puis de plus en plus autoritaire.

La mise en scène repose sur de longs plans fixes avec un découpage minimal et un montage sans heurt ni effets visuels inutiles, ce qui intensifie naturellement la tension régnante et installe un malaise persistant qui consacre inéluctablement la distanciation entre les amants, à la fois sentimentale et sociale.  Et Jennifer ne sacrifiera finalement, à aucun moment, son statut et son identité propre à la passion amoureuse et, conséquemment, à l’ambition de Fernando.

« Dreams » est une tragédie contemporaine immergée dans un monde d’inégalités et de discriminations animé par une sourde violence, à la fois physique et morale.

Avec dans les rôles principaux Jessica Chastain et Isaac Hernandez, deux tempéraments passionnels pour deux personnalités antinomiques.

                                                                                                               André CEUTERICK