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Notre facture sera-t-elle impactée par la guerre au Moyen-Orient ?
Publié le 3 mars, 2026

Le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait déjà grimper les prix du gaz et du pétrole, et cela pourrait rapidement se retrouver sur la facture des ménages belges, comme en 2022. On en parle avec Demetrio Scagliola, journaliste politique et expert pour Sud radio.

Demetrio, qu’est-ce qui se passe concrètement sur les marchés de l’énergie depuis ce week-end ?

Depuis les frappes américaines et israéliennes en Iran et les tensions autour du détroit d’Ormuz, le prix du gaz en Europe a bondi de plus de 20 à 25% en une séance, et le baril de pétrole est reparti nettement à la hausse. Les traders craignent des perturbations durables des exportations de gaz liquéfié et de pétrole depuis le Golfe, ce qui renchérit immédiatement les contrats à terme achetés par les fournisseurs.

Pourquoi les consommateurs belges sont-ils particulièrement exposés ?

Parce que la Belgique, comme le reste de l’Europe, dépend beaucoup du gaz naturel liquéfié, notamment en provenance du Qatar, qui transite par le détroit d’Ormuz. Si cette route est perturbée ou bloquée, l’Europe devra payer beaucoup plus cher les cargaisons disponibles, alors que les stocks sont déjà relativement bas pour la fin de l’hiver. Cela pèse sur le prix de gros de l’électricité (qui dépend encore beaucoup du gaz) et, à terme, sur les contrats des particuliers et des PME.

Concrètement, qu’est-ce que cela peut changer pour une famille en Belgique dans les prochains mois ? Si la crise se prolonge, on peut s’attendre à des hausses sur plusieurs fronts : carburants à la pompe, mazout de chauffage, et ensuite factures de gaz et d’électricité lorsque les contrats seront ajustés aux nouveaux prix de marché. Un scénario redouté par les analystes serait une nouvelle envolée du prix du gaz comparable à 2022, ce qui ferait remonter fortement les acomptes mensuels des ménages, notamment ceux qui ont des contrats variables.

Y a-t-il des facteurs qui peuvent limiter l’ampleur du choc pour les Belges ?

Oui, deux éléments peuvent jouer en notre faveur : d’abord, les stocks de gaz européens restent mieux remplis qu’en 2022, ce qui donne un petit coussin à court terme. Ensuite, certains ménages ont gardé des contrats à prix fixes signés pendant la baisse de 2023–2024, ce qui les protège temporairement des variations les plus brutales. Mais si le conflit et les tensions sur le détroit d’Ormuz durent des mois, l’impact finira par se faire sentir plus largement en Belgique.

Notre facture sera-t-elle impactée par la guerre au Moyen-Orient ?
Publié le 3 mars, 2026

Le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait déjà grimper les prix du gaz et du pétrole, et cela pourrait rapidement se retrouver sur la facture des ménages belges, comme en 2022. On en parle avec Demetrio Scagliola, journaliste politique et expert pour Sud radio.

Demetrio, qu’est-ce qui se passe concrètement sur les marchés de l’énergie depuis ce week-end ?

Depuis les frappes américaines et israéliennes en Iran et les tensions autour du détroit d’Ormuz, le prix du gaz en Europe a bondi de plus de 20 à 25% en une séance, et le baril de pétrole est reparti nettement à la hausse. Les traders craignent des perturbations durables des exportations de gaz liquéfié et de pétrole depuis le Golfe, ce qui renchérit immédiatement les contrats à terme achetés par les fournisseurs.

Pourquoi les consommateurs belges sont-ils particulièrement exposés ?

Parce que la Belgique, comme le reste de l’Europe, dépend beaucoup du gaz naturel liquéfié, notamment en provenance du Qatar, qui transite par le détroit d’Ormuz. Si cette route est perturbée ou bloquée, l’Europe devra payer beaucoup plus cher les cargaisons disponibles, alors que les stocks sont déjà relativement bas pour la fin de l’hiver. Cela pèse sur le prix de gros de l’électricité (qui dépend encore beaucoup du gaz) et, à terme, sur les contrats des particuliers et des PME.

Concrètement, qu’est-ce que cela peut changer pour une famille en Belgique dans les prochains mois ? Si la crise se prolonge, on peut s’attendre à des hausses sur plusieurs fronts : carburants à la pompe, mazout de chauffage, et ensuite factures de gaz et d’électricité lorsque les contrats seront ajustés aux nouveaux prix de marché. Un scénario redouté par les analystes serait une nouvelle envolée du prix du gaz comparable à 2022, ce qui ferait remonter fortement les acomptes mensuels des ménages, notamment ceux qui ont des contrats variables.

Y a-t-il des facteurs qui peuvent limiter l’ampleur du choc pour les Belges ?

Oui, deux éléments peuvent jouer en notre faveur : d’abord, les stocks de gaz européens restent mieux remplis qu’en 2022, ce qui donne un petit coussin à court terme. Ensuite, certains ménages ont gardé des contrats à prix fixes signés pendant la baisse de 2023–2024, ce qui les protège temporairement des variations les plus brutales. Mais si le conflit et les tensions sur le détroit d’Ormuz durent des mois, l’impact finira par se faire sentir plus largement en Belgique.