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« Marty Supreme » et « The mastermind » , à voir au cinéma en ce moment !
Publié le 19 février, 2026

«Marty Supreme»

C’est le premier film « en solo » de Josh Safdie qui avait jusqu’alors réalisé, avec son frère Benny quelques bons thrillers (« Uncut gemes » – 2019, avec Adam Sadler, « Good time » – 2017, avec Robert Pattinson).

« Marty Supreme » est un film noir, complètement déjanté, avec un personnage assez incroyable qui vit des situations drôles, rocambolesques, parfois tragiques, pleines d’audace et de folie.

L’histoire commence à New-York, en 1952. Marty Mauser, 23 ans, prodige du ping pong, se met en tête  de devenir la première vedette de son pays dans ce sport encore peu connu.  Il quitte Rachel, son amante, dérobe à son oncle Murray l’argent que celui-ci ne lui a pas payé et se rend aux Internationaux de Londres qu’il est persuadé de gagner mais est finalement battu en finale par un génial Japonais.  Entre-temps, il séduit, au culot et à l’esbroufe, Kay Stone, une ancienne gloire de cinéma, mariée à un richissime chef d’entreprise dont il se paie la tête.

Après un court séjour à Paris, Marty revient à New-York où il retrouve sa mère faussement malade, revoit Rachel, enceinte de lui et tente d’échapper à un policier envoyé par son oncle, furieux d’avoir été volé …

S’ensuivent une série de péripéties débridées qui conduisent Marty de palaces en hôtels pourris, des coulisses d’un théâtre à l’estrade d’un match-exhibition truqué à Tokyo. Entre exploits éphémères et déboires en tous genre, Marty continue à croire à sa bonne destinée …

Le réalisateur Josh Safdie fait preuve d’une grande inventivité, non seulement pour les multiples aventures où il entraîne son héros mais aussi en multipliant les personnages secondaires de passage, hauts en couleurs, truculents, inquiétants, sinistres, arrogants, tous un peu caricaturaux, avec aussi quelques marginaux à la gueule bien trempée !  Le film dégage une formidable vitalité et passe d’une séquence à l’autre à un rythme effréné qui emporte Timothée Chalamet (le mémorable Paul Atréides de Dune), dans une extraordinaire performance.

« The mastermind »

La cinéaste américaine Kelly Reichardt (« Wendy et Lucy » – 2008, « First Cow » – 2019) situe l’histoire de ce « casse » pas comme les autres dans les années 70, au cœur d’une région américaine peuplée de gens très ordinaires.  Un faux polar au titre ironique « The mastermind » : le cerveau !

James, un charpentier au chômage, organise le vol de 4 tableaux d’Arthur Dove, un pionnier de l’art moderne, dans le musée de la ville. Il engage 3 gars pour l’aider dans son entreprise qui tourne un peu mal car l’un d’entre eux frappe un gardien et menace une jeune fille avec un pistolet.  James réceptionne les tableaux qu’il va planquer un peu plus loin.  De retour chez lui, il tombe sur deux flics qui interrogent sa famille …  Un peu plus tard, il est doublé par des truands d’une mafia locale qui s’emparent des tableaux, alors que sa femme et ses fils vont vivre chez ses parents.  Pour James, c’est le début d’une cavale très hasardeuse.

Kelly Reichardt raconte l’histoire simple et, finalement assez  banale, d’un type sans envergure qui, acculé par sa situation sociale, tente un casse plutôt  foireux, dont il ne retire que des emmerdes : c’est la dérive d’un gars qui à chaque moment de sa cavale, s’enfonce un peu plus dans sa pitoyable situation.

La réalisatrice intègre le récit de ce hold-up dans un environnement social et humain bien défini : une petite bourgade où il ne se passe (presque!) jamais rien ; une famille modeste et banale, des personnages quelconques, des décors types de l’époque soigneusement restitués, … tout ce qui constitue l’univers minimaliste de Kelly Reichardt.

Le film se déroule sur un rythme lent, presque contemplatif et certaines scènes reproduisent minutieusement les faits et gestes des personnages.

En évoluant dans son propre espace, James semble étranger aux choses du monde qui défilent, de temps à autre, en toile de fond : les actualités télévisées, les manifestations contre la guerre au Vietnam, les marches pour la libération des femmes, etc. …

Kelly Reichardt ponctue sa narration d’un jazz plutôt nerveux, en rupture avec le rythme du film lui-même, avec quelques standards de l’époque.  Ainsi « The mastermind » est un film d’observation et d’atmosphère finalement très prenant.

                                                                                                               André CEUTERICK

« Marty Supreme » et « The mastermind » , à voir au cinéma en ce moment !
Publié le 19 février, 2026

«Marty Supreme»

C’est le premier film « en solo » de Josh Safdie qui avait jusqu’alors réalisé, avec son frère Benny quelques bons thrillers (« Uncut gemes » – 2019, avec Adam Sadler, « Good time » – 2017, avec Robert Pattinson).

« Marty Supreme » est un film noir, complètement déjanté, avec un personnage assez incroyable qui vit des situations drôles, rocambolesques, parfois tragiques, pleines d’audace et de folie.

L’histoire commence à New-York, en 1952. Marty Mauser, 23 ans, prodige du ping pong, se met en tête  de devenir la première vedette de son pays dans ce sport encore peu connu.  Il quitte Rachel, son amante, dérobe à son oncle Murray l’argent que celui-ci ne lui a pas payé et se rend aux Internationaux de Londres qu’il est persuadé de gagner mais est finalement battu en finale par un génial Japonais.  Entre-temps, il séduit, au culot et à l’esbroufe, Kay Stone, une ancienne gloire de cinéma, mariée à un richissime chef d’entreprise dont il se paie la tête.

Après un court séjour à Paris, Marty revient à New-York où il retrouve sa mère faussement malade, revoit Rachel, enceinte de lui et tente d’échapper à un policier envoyé par son oncle, furieux d’avoir été volé …

S’ensuivent une série de péripéties débridées qui conduisent Marty de palaces en hôtels pourris, des coulisses d’un théâtre à l’estrade d’un match-exhibition truqué à Tokyo. Entre exploits éphémères et déboires en tous genre, Marty continue à croire à sa bonne destinée …

Le réalisateur Josh Safdie fait preuve d’une grande inventivité, non seulement pour les multiples aventures où il entraîne son héros mais aussi en multipliant les personnages secondaires de passage, hauts en couleurs, truculents, inquiétants, sinistres, arrogants, tous un peu caricaturaux, avec aussi quelques marginaux à la gueule bien trempée !  Le film dégage une formidable vitalité et passe d’une séquence à l’autre à un rythme effréné qui emporte Timothée Chalamet (le mémorable Paul Atréides de Dune), dans une extraordinaire performance.

« The mastermind »

La cinéaste américaine Kelly Reichardt (« Wendy et Lucy » – 2008, « First Cow » – 2019) situe l’histoire de ce « casse » pas comme les autres dans les années 70, au cœur d’une région américaine peuplée de gens très ordinaires.  Un faux polar au titre ironique « The mastermind » : le cerveau !

James, un charpentier au chômage, organise le vol de 4 tableaux d’Arthur Dove, un pionnier de l’art moderne, dans le musée de la ville. Il engage 3 gars pour l’aider dans son entreprise qui tourne un peu mal car l’un d’entre eux frappe un gardien et menace une jeune fille avec un pistolet.  James réceptionne les tableaux qu’il va planquer un peu plus loin.  De retour chez lui, il tombe sur deux flics qui interrogent sa famille …  Un peu plus tard, il est doublé par des truands d’une mafia locale qui s’emparent des tableaux, alors que sa femme et ses fils vont vivre chez ses parents.  Pour James, c’est le début d’une cavale très hasardeuse.

Kelly Reichardt raconte l’histoire simple et, finalement assez  banale, d’un type sans envergure qui, acculé par sa situation sociale, tente un casse plutôt  foireux, dont il ne retire que des emmerdes : c’est la dérive d’un gars qui à chaque moment de sa cavale, s’enfonce un peu plus dans sa pitoyable situation.

La réalisatrice intègre le récit de ce hold-up dans un environnement social et humain bien défini : une petite bourgade où il ne se passe (presque!) jamais rien ; une famille modeste et banale, des personnages quelconques, des décors types de l’époque soigneusement restitués, … tout ce qui constitue l’univers minimaliste de Kelly Reichardt.

Le film se déroule sur un rythme lent, presque contemplatif et certaines scènes reproduisent minutieusement les faits et gestes des personnages.

En évoluant dans son propre espace, James semble étranger aux choses du monde qui défilent, de temps à autre, en toile de fond : les actualités télévisées, les manifestations contre la guerre au Vietnam, les marches pour la libération des femmes, etc. …

Kelly Reichardt ponctue sa narration d’un jazz plutôt nerveux, en rupture avec le rythme du film lui-même, avec quelques standards de l’époque.  Ainsi « The mastermind » est un film d’observation et d’atmosphère finalement très prenant.

                                                                                                               André CEUTERICK